Le « matos » et moi : les petites phrases…
Je ne pouvais pas décemment co-lancer un blog de ce type, sans revenir, en toute honnêteté et avec précision, au point de départ de mon rapport à la technologie, au « matos », appliqué à mon métier de journaliste. Au(x) point(s) de départ devrai-je dire même, car il y en a plusieurs et qui font sens. En fait il s’agit de plusieurs « petites phrases », qui ont conditionné en quelque sorte un certain cheminement :
- « toi qui sait faire ça » : une phrase que j’ai souvent entendue, quand j’étais ado et que je dépannais les gens de mon immeuble, de la famille, perdus pour connecter leur nouveau magnétoscope ou raccorder leurs enceintes hifi à la tv… Moi les boutons et les branchements ne me faisaient pas peur.
- « toi qui t’y connais en informatique » : c’est le prolongement, cette fois vécu en rédaction, du sobriquet précédent. Le fait de savoir se servir d’un ordinateur, de comprendre comment fonctionne une disquette et de tâter de l’internet dans ses premières heures, m’avait rendu… expert en informatique! Un peu court, mais puisqu’il s’agissait de dépanner des gens qui en savaient moins que moi… Risqué cependant, quand on se repose sur vos épaules pour des problèmes que d’autres doivent gérer.
- « toi l’informaticien » : c’est le sobriquet version un peu péjorative, que j’ai eu aussi de ci de là. Je ne pense pas toujours avec une intention amicale, disons avec un peu de crainte pour « celui qui sait« , voire de vieux réflexes aussi, sur l’air de « tiens, toi qui connais ça, fais le pour moi qui n’ait rien envie d’y entendre, ô grand dieu jamais« . Le contraire de la démarche que nous voulons avoir, Jean-Pierre et moi, sur Le WebLab.
Car pour reparler de cette démarche et de ce qu’un lecteur lambda pourra trouver ici, elle est simple : dédramatiser l’usage des nouvelles technologies (essentiellement web) et de l’informatique; reposer le « cockpit », la « trousse à outils » du journaliste du 21ème siècle. Une trousse fait de matériels, de logiciels mais surtout de bon sens pour marier les uns aux autres, et les placer au bout de problèmes de terrain, de situations vécues. Avec un enjeu plus important encore : assumer la modernisation des métiers de la presse et des médias, pour mieux la faire porter par ses troupes et ses décideurs. Une stratégie, aussi puissante et ambitieuse soit-elle, n’est rien sans la logistique prévue pour l’exécuter.