13/02/2010

« Huis Clos sur le Net » : le journalisme c’est les autres ?

journaux25 journalistes se sont enfermés -non, pas comme là-bas- pendant 5 jours pour tester l’information qu’ils récupéraient via les réseaux sociaux que sont facebook et twitter. Soit 25 jours / homme, ou plus d’un mois.
Leur bilan ? Il y a une différence de traitement, et surtout une absence de hiérarchisation entre l’info relayée par les réseaux sociaux et celle des médias traditionnels. Une synthèse qu’un stagiaire aurait pu faire en quelques heures sur le coin d’une table.

Mais si l’expérience n’est pas probante telle qu’elle – j’y préfère la tentative moins médiatisée de Julien Marchand, journaliste chez Ouest France, qui s’est passé d’internet pendant une semaine -, elle a le mérite de mettre en avant la lucidité des journalistes « enfermés » envers les nouveaux médias. Fait important : leur moyenne d’âge est inférieure à la moyenne des journalistes, et ils disposaient déjà de comptes facebook et twitter, actifs, ce qui n’est pas le cas pour l’ensemble de la profession.

Des journalistes lucides

Sans aborder les limites de l’expérience (les sujets traités par mon réseau facebook ou twitter dépendent eux-mêmes des centres d’intérêts de mon réseau), je constate que la lecture des comptes rendus sur le blog du Huis Clos atteste d’un regard ouvert et lucide envers les nouveaux médias et réseaux sociaux.
Nour-Eddine Zidane, dans sa note « La loi de Darwin » revient sur l’expérience, qui permettra « d’alimenter (la) réflexion sur l’évolution du métier de journaliste ».
Il voit ainsi dans « Twitter (…) un outil d’alerte que les journalistes doivent intégrer dans leurs méthodes de travail, en plus des dépêches d’agence, de la presse traditionnelle mais aussi des blogs. »
Et de conclure sur la fonction du journaliste, qui « reste essentielle en ne colportant pas des rumeurs infondées – surtout si elles sont “croustillantes” (la chasse au scoop) mais en les vérifiant, en les analysant, en les mettant en perspective… Avec ces réseaux sociaux, le métier n’est pas menacé (comme certains veulent le laisser entendre), il évolue tout simplement… ».

Le journalisme c’est les autres ?

Le processus de sélection de l’information devient participatif. Pour choisir ses sujets, le journaliste s’appuie de manière croissante sur l’info qui circule sur les réseaux, sorte de miroir de la société. Mais c’est finalement l’ensemble des utilisateurs du web qui utilisent ces nouveaux outils. Narvic écrivait récemment une note forte de sens, intitulée « Quand mon réseau social m’informe de l’actualité » qui atteste bien des nouveaux usages induits par les réseaux sociaux et nouveaux médias.

Dans Pour comprendre les média, Marshall Mc Luhan écrivait déjà que « Le message, c’est le médium », que « les effets d’un médium sur l’individu ou sur la société dépendent du changement d’échelle que produit chaque nouvelle technologie », que « tout nouveau moyen de transport de l’information va transformer les structures du pouvoir quelles qu’elles soient » ou encore qu’un « un nouveau médium ne s’ajoute jamais aux médias antérieurs et ne les laisse jamais intacts ». C’était en 1964… il y a donc 46 ans !

Dans son exposé intitulé « Vers une sémiotique du medium » : une problématique à légitimer ?, Eléni Mitropoulou reprend la thèse de Mc Luhan en affirmant que « le medium introduit une pratique médiatique qui s’oppose aux pratiques en puissance à un moment donné. » Or c’est exactement ce à quoi nous assistons depuis quelques années.

L’essor des réseaux twitter et facebook et de la blogosphère attestent d’un besoin de contribution journalistique de la part des citoyens, qu’il s’agisse de précision ou de réaction vis-à-vis de l’information fournie par les médias dits traditionnels.
Si ces réseaux ne peuvent prétendre à l’universalité du traitement informationnel objectif, leur succès montre qu’il en est de même des médias traditionnels, qui doivent amorcer une révolution de leur process interne.

Bref, s’il est une certitude renforcée par ce huis clos, c’est qu’aujourd’hui,  le journalisme c’est (aussi et surtout) les autres !

Pour prolonger ce « huis clos », LeWebLab.com vient de lancer un grand jeu national : « Les 24h du Sans »… Twitter ni Facebook dans ton bled ! Que vous soyez piéton ou motorisé, mac ou pc, nous vous invitons à y participer et à nous remonter vos impressions qui nourriront notre démarche scientifique sur la question. Une expérience inédite, comme ils disent

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One Response to “« Huis Clos sur le Net » : le journalisme c’est les autres ?”

  1. 1
    Audience des sites d’information et réseaux sociaux | Le WebLab Solutions Says:

    [...] « Huis Clos sur le Net » : le journalisme c’est les autres ? [...]

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