Grand jeu national : « Les 24h du Sans »… Twitter ni Facebook dans ton bled!
LeWebLab.com a observé avec attention l’expérience « Huis Clos sur le Net » menée tambour battant par les radios publiques francophones, la semaine dernière. Comme beaucoup, nous émettons un avis réservé sur sa portée, son sens et même son utilité. Aussi avons-nous décidé de lancer une opération d’envergure nationale, prenant le contrepied de ce dispositif. Son nom : « 24 heures sans Twitter ni Facebook dans ton bled« . Ou, nom de code si vous préférez : « Les 24h du Sans« .
Hé oui, après tout, pourquoi rien que le Périgord? Les autres régions, départements, coins bucoliques d’en France ont aussi droit à des expériences de premier plan. Partant de ce réflexe géo-universaliste et altruisto-régional, nous invitons au moins une bonne volonté dans chacune des 22 régions, 96 départements de France, et autant de pays, communautés de communes, etc. bleds quoi, à relever le défi. Lequel? Faire l’inverse de « Huis Clos » donc, pour voir en quoi Twitter et Facebook ne sont ni nouveaux ni uniques : mais juste des canaux d’information à mieux maîtriser. Où il ne s’agit pas de ne passer que par eux (quelle idée!), mais au contraire de voir… comment ça ferait sans. Car là est l’actualité de la chose, la correspondance avec un vrai usage inscrit dans le réel : pas une figure de style pseudo universitaire, ou néo-découvreuse.
Idéalement, l’opération concerne un communicant, pas obligatoirement journaliste, mais quelqu’un qui travaille d’ordinaire avec Twitter et Facebook comme outils quotidiens, peu importe depuis quand. Principe : une journée entière, soit 24 heures de rang, sans utiliser ni même lire ni Twitter ni Facebook. Et on observe les conséquences.
24h sans Twitter ni FB dans la Sarthe!
Et pour donner l’exemple, je m’y suis moi-même adonné sur la journée du mardi 9 février, pour donc un « 24 heures sans Twitter ni Facebook dans la Sarthe« . Contrairement à l’expérience « Huis Clos », je ne l’ai pas annoncé avec tambour et trompette, pour éviter tout parasitage et/ou effet de buzz. Pas eu besoin non plus d’aller m’héberger dans un gîte rural ou un cabanon; la campagne péri-urbaine, j’y vis toute l’année, installé à Ruaudin, au sud du Mans près d’un célèbre circuit (d’où Les 24h du Sans).
Voici mes observations listées :
- tout le monde s’en fout : évidemment, personne n’a remarqué mon silence complet durant ces 24 heures. La communauté Twitter/FB a très bien vécu sans moi, je suis hautement remplaçable, quantité négligeable, atome de bruit dans un cosmos de blabla. Aïe pour l’ego. Seul personne à avoir rebondi à un tweet où j’indiquais le lendemain avoir fait une expérience : @yayel59, je l’en remercie.
- démarrage difficile : au matin, j’ai ressenti comme un rapide sevrage lors de la phase de « réveil proactif ». Il manque quelques chose en complément de la radio et du café; en complément des premières recherches de veille sur Google News et puis Netvibes, que j’ai du coup plus utilisé, tout au long de la journée. Au terme de la matinée, la « douleur » était passée, même si j’ai souvent pensé à aller voir sur Twitter et Facebook…
- force de travail retrouvée : le gazouillis ou plutôt le papillonnage en moins m’a permis de mieux me concentrer sur mon travail, toute la journée durant. Moins de micro-coupures, moins de tentations d’aller cliquer sur des sources périphériques à mes dossiers et obligations du jour.
- manque d’échange : c’est un truisme, mais Twitter/FB ont créé une proximité avec une « communauté » de lecteurs, échangeurs d’idées, « amis » tout simplement, si tenté que ce terme galvaudé ait encore un sens dans une approche virtuelle et distante. Mais après tout, comment faisions-nous avant? A immédiatement compléter de cette évidence : on pourrait difficilement faire sans désormais, du moins pour ceux qui ont goûté.
Au bilan : cette coupure fut une journée plus calme, mais aussi moins riche, plus « sèche »; ce qui compte beaucoup pour un télé-travailleur isolé, sans doute un peu moins pour une personne en poste et en équipe. Un constat aussi : ha ben oui, j’ai continué à pouvoir m’informer sans Twitter ni Facebook. Quel scoop! TV, radio, sites web, journaux existent bien encore, ainsi que le bouche à oreille, les rencontres fortuites, etc. Globalement mon niveau d’information était suffisant : je n’ai rien loupé de la marche du monde le 9 février 2010.
Me fallait-il ce test pour m’en rendre compte? Non, certainement pas. Mais il m’a permis de réfléchir, à froid, sur ma façon de travailler et d’utiliser les réseaux sociaux, depuis que j’y navigue, progressivement depuis 2007 (FB) et 2008/09 (Twitter). Il m’a permis, un peu comme une diette alimentaire, de remettre la mécanique intellectuelle à jour. A vous de tester et nous envoyer vos notes, liens de compte-rendus et bilans! N’oubliez pas : vous aussi, vous pouvez faire une expérience web de portée nationale!
24 heures sans Twitter ni Facebook…
Alors ? Expérience difficile à vivre ou facile ? Suite au huis-clos du web organisé en Dordogne, Laurent Dupin a voulu étendre l’expérience aux autres coins de l’hexagone et en a tiré ses propres conclusions après une journée de travail sans les deux…
février 12th, 2010 at 10:53[...] Grand jeu national : « Les 24h du Sans »… Twitter ni Facebook dans ton b… [...]
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juin 7th, 2011 at 22:50