LeWeb’09 : pourquoi un communicant devait y aller
La conférence LeWeb’09 vient de s’achever en soirée ce jeudi. Je viens aussi de lire dans les flux de Google un article d’Emilie Ogez sur 01Net, au titre interpellant : « Le Web 09 : pourquoi ne pas y aller?« . J’aimerai prendre la position inverse. Car il participe d’une défiance que connaît Loïc Le Meur, son fondateur, depuis ses débuts. Cela tient à certaines de ses positions (sur les médias), de ses prises de partie politiques (vers l’actuel Président de la république, avant son élection), de son « américanitude » assumée, etc. Si ajoute pour la forme une attitude directe et un parler sans ambage qui coincent parfois avec le quant à soi bien typiquement français…
Je l’ai déjà dit, je ne partage pas forcément toutes les idées de Loïc, mais je reconnais et respecte chez lui sa grande capacité d’entrainement, le fait d’avoir fait « avancer la cause » comme on dit. Je respecte aussi sa vision à la fois d’observateur, et le fait de l’appliquer sur des projets d’entreprise concrets. Cela le distingue d’autres gourous du web, seulement dans une position d’analyste et de consultant.
Cette défiance tient aussi à ce que cet évènement unique en son genre en France, peut dérouter sur certains aspects formels et de surface. Principalement :
- il est all in english : les promoteurs tiennent à cette « ambiance » américaine, parfois peut être excessive. Par exemple pourquoi deux Français sur scène parlent-ils en anglais? Peut-être qu’une seconde scène, en français, serait une idée à suivre. Elle semblait en tout cas circuler dans les allées et travées.
- il est dense : entre une scène principale, une compétition et aussi des work rooms… on peut vite être débordé! Et finalement passer son temps à gazouiller (au propre) et s’éparpiller.
- il va vite : deux journées, cela passe très rapidement, surtout si l’on s’engage à bloguer et twitter ce à quoi on assiste; d’où cette espèce de nécessité de soirées off, se déroulant la veille au soir du premier jour la conférence;

Les bonnes raisons
Pour autant, il faut stopper là net, pour moi, toute posture un peu facile de type « leweb à quoi ça sert?« , ou « pas la peine de faire la promo de ses créateurs » que j’ai souvent entendu dans la bouche de mes confrères… Cet évènement est précieux, et on peut le recommander comme trousse à outils, comme entrée dans le monde web à tout profil de communicants et journalistes. Ce pour :
- sa complétude : il réunit en 2 jours, en 1 lieu l’essentiel des acteurs du marché;
- son souplesse : même sur sa 6ème année consécutive, demeure une ambiance détendue et open;
- son « pif » : le défilé des start-ups en compétition et des projets en marge est une vraie photographies temps réel, des applications que l’on va retrouver l’année suivante (ou pas);
- son réseau : LeWeb en lui-même est un plateau de networking intensif où l’on croise investisseurs, porteurs de projet, experts, etc. à la fois du privé et du public.
Tout communicant doit aller au moins une fois dans son parcours professionnel à ce type de manifestation. On en sort revigoré, informé, connecté, motivé, etc. Notamment quand l’on exerce dans des métiers institués, des fonctions classiques, des secteurs installés… rien de tel qu’un bon update en concentré! J’ai souvent dit que LeWeb est une centrifugeuse : on peut parler aussi de matrice, de trousse à outils désormais définie et connue. Il tient à ses visiteurs d’en utiliser les bons, par rapport à leur propos.
Et le vrai bon conseil est sans doute de dire et répéter de bien préparer ce type d’évènement en amont. Lire le programme, se renseigner, préparer sa logistique, tenir un planning sur le salon, etc. Le pire étant d’y venir les mains dans les poches et au petit bonheur… Juste pour se faire y voir. Même si tout le monde sait que cette visibilité fait un peu partie du jeu, pour tout communicant qui veut compter et rester à la page.