01/07/2009

Débat Ca Presse : en finir avec le cliché et la mode forçats?

LeWebLab.com participait lundi soir au débat organisé par l’association « Ca Presse« , sur un thème bien redondant ces derniers temps : « journalistes web : soutiers de l’info ou pionniers du journalisme de demain ?« . Nous y étions pour justement débattre de cette notion et la relativiser à l’épreuve de l’expérience et des faits. En finir avec l’effet de mode stérile et gratter la réalité derrière les apparences.Le débat a pris d’emblée sans doute un peu trop le pli de prolonger l’échange Ternisien vs. Mettout, relatif au papier du journaliste du Monde « Les forçats de l’info » publié fin mai, et qui a fait grand bruit. Visiblement, le second n’a pas encore digéré! Mais plus intéressant était de constater que les conditions de travail des « nouveaux journalistes » de l’ère moderne sont intimement liés… aux conditions économiques! Certains se lassaient que le débat se focalise sur cet aspect « business ». Mais une crise économique majeure, des recettes publicitaires en berne, un business model pas encore posé… expliquent toute cette pression à la productivité vécue dans les équipes. Eric Mettout l’admettait d’ailleurs tout de go : « Les journaux n’ont plus les moyens d’investir« .

debat-ca-presseJ’ai pu exposer pour ma part plusieurs points qui me tiennent à coeur :

  • ce journalisme ne date pas d’hier : les premières rédactions « web/commando/forçats » sont nées au début des années 2000; elles étaient le fait de pure players de l’info en ligne. La presse généraliste le découvre tard, ainsi que de plus jeunes générations de journalistes et hop : ça devient un phénomène de société daté de 2009! Ce sans compter que l’exploitation des jeunes recrues dans la presse n’est pas un phénomène proprement web : stagiaires, débutants sous-payés et pressés, pigistes maintenus en misérabilité… Le phénomène est aussi vieux que la presse, même si il a été nettement optimisé depuis les années 80.
  • la réalité de la presse en ligne est aussi une course en avant à produire de plus en plus de contenu pour lever de plus en plus d’audience : ce qui me faisait tiquer à l’analyse de E. Mettout selon laquelle le modèle économique de la presse en ligne est publicitaire. Espérons que non!
  • la presse en ligne est hypocrite dans sa manipulation des apports UGC (user generated content), tels les blogs et commentaires. Sollicités officiellement pour le jeu d’une « presse participative », ils le sont surtout pour fournir un contenu gratuit soutenant l’effort de production global. N’en déplaise à Pierre Haski de Rue89.fr, qui n’a pas eu l’air d’aimer mon appel à « tomber le masque », la réalité est bien là. A terme, nous nous tirons une balle dans le pied.
  • si le « forçat » est un terme excessif, je pense qu’on devrait réfléchir à la situation de « forcé » pour ce journalisme contemporain : forcé du web, des technologies, de l’écran omniprésent, des contenus permanents, etc, etc. Il y a même plusieurs pathologies, que j’ai détaillées sur l’Atelier des Médias.
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