11/02/2009

Modèles économiques de la presse en ligne : le cas Mediapart (JC Nothias)

Parmi les intervenants du débat organisé le 4 février dernier, par le SMC (Social Media Club) Paris, sur les business models de la presse en ligne, j’avoue avoir eu un petit faible pour Jean-Christophe Nothias, de Mediapart. Tout d’abord pour le « bonhomme » au devant du média représenté. Dans sa « bio », il indiquait venir entre autres supports d’Actuel, magazine d’une génération s’il en est, dont les couvertures punchy et les sujets audacieux ont moulé le regard d’une foultitude de gens tentés par le journalisme. Dans son parler, ce « directeur du développement » (titre impressionnant s’il en est), marquait aussi un ton détendu, ouvert et iconoclaste : ce qui a contribué grandement à détendre le débat, et à donner des points d’accroche sur un sujet pas toujours simple.

Autre raison de ce faible avoué, aussi, pour le média qu’il représentait à ce débat : le site d’information Mediapart, dirigé par Edwy Plenel, ancien directeur du Monde, et lancé en fin 2007. Un site qui a été dès sa conception un pavé dans la marre… de la presse en ligne. Rien que pour cela, il mérite le respect ou au moins l’intérêt poli. Même si son modèle économique (largement payant) est loin d’emporter l’adhésion chez les éditeurs en ligne pure players, il faut lui reconnaître cette audace, cette crânerie de vouloir réussir ce que tout le monde a raté ou abandonné : l’idée de faire payer tout un contenu de presse de qualité, en ligne, à des internautes. Presse internet old school pour les uns, projet trop têtu pour les autres… Mediapart est en tout cas, à sa manière, un trublion.


Interview JC Nothias Mediapart from Le Weblab on Vimeo.

Dans cette vidéo tournée après le débat le 4 février, le responsable nous rappelle la forte conviction bâtie autour de cette position originale du payant en pure player, ainsi que l’utilisation du média social et du web participatif (une « relation beaucoup plus intime avec le lecteur » pour lui) sur le site. Il a aussi accepté de livrer des chiffres précis, et de nous répondre sur sa perception du contexte de crise actuelle. Une crise qui ne « change pas le cap » et n’empêche pas de voir « s’ouvrir de nouveaux horizons » pour Mediapart, c’est à dire de nouvelles façons de le vendre : par la licence d’accès au site notamment, et par la revente de contenus spécifiques à d’autres sites aussi. Le contenu : force et produit d’appel numéro 1 pour Médiapart, plus que jamais, y compris pour mettre de nouvelles cordes à son arc. Nothias a ainsi évoqué entre les lignes durant le débat, un tel projet de revente validé « pour une marque qui est aussi une jolie couleur« . Au hasard… le bleu, pour le Bleu d’Auvergne? Le noir, pour les All Blacks? ;-) Disons que, plus vraisemblablement, cette jolie couleur doit sans doute se retrouver… dans la charte du WebLab ;-)

Ce site n’est, cela dit, pas le seul à penser à revendre son savoir faire, son expertise web ou sa qualité de plume. Réflexe désespéré, ou filon rentable durable? Il n’y aura à l’évidence pas de places pour tout le monde…

En outre, pour revenir à JC Nothias, sa mission est aussi quelque part celle d’un organisateur et d’un logisticien. Il s’agit de « construire une entreprise » autour du projet de presse de Mediapart. Ce qui serait en fait l’ordre de mission même donné par E. Plenel, en sus d’objectifs chiffrés à atteindre pour étoffer le business model et développer, clairement, les rentrées d’argent de Mediapart.

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