Réseaux sociaux : vers l’hyperlocal serviciel

logo-localiserAprès avoir tâté d’emblée de la sphère terrestre, les réseaux sociaux se dégonfleraient-ils (enfin) le melon pour attaquer des segments plus mesurés ? Certains récents projets le laissent à penser. Zoom estival par exemple sur un service on line doublé d’un nouveau réseau social, qui pourrait bien bouleverser la donne du local, tant au niveau de l’information que du business.

On sait déjà qu’à l’international Foursquare vise les utilisateurs géo-localisés; que le Bon Coin a en France raflé la mise des petites annonces de ventes d’occasion. L’américain Nextdoor choisit en fait une métrique de base assez sensée : son quartier, la vie autour de soi.

La vidéo de démo est assez explicite, qui concentre son usage sur les petits services de voisin à voisin, de proximité.

nextdoor réseau social hyperlocal

Que ce nouveau réseau naisse aux Etats-Unis n’est pas un hasard, quand l’on sait que la vie en zones pavillonnaires et résidentielles, c’est à dire en banlieue, y est une réalité nette. L’unité de vie et d’échanges du quartier est donc une brique sociétale profonde de la vie américaine, voire une fixation pouvant aller jusqu’aux extrêmes (privatisation).

Un tel service pourrait-il s’installer en Europe, et a fortiori en France ? On a déjà eu des expériences intéressantes sur ce terrain, de réseau hyperlocal à finalité servicielle, comme le site britannique FixMyStreet, orienté sur les choses à réparer, améliorer, nettoyer là où l’on vit. Principalement au niveau de la voirie.

En France, rien de significatif pour l’heure, sur ce terrain très précis. Mais des acteurs cherchant des outils ou de nouveaux écrans prêts à l’usage, pourraient s’y intéresser. Par exemple les municipalités : aux USA, la ville de New-York a signé un partenariat avec Nextdoor et d’autres villes leur emboîtent le pas. En France, l’angle peut être différent : beaucoup de moyennes petites municipalités n’ont pas en effet les moyens de développer elles-mêmes des réseaux sociaux, ajoutés à leur site internet existant. Ce sont des développements coûteux, assez anachroniques par temps de disette budgétaire. Mais un service en ligne au code intégrable ?

De nouveaux business potentiels

L’idée de Nextdoor peut aussi représenter potentiellement des relais de croissance ou de nouveaux business. Comme pour la presse locale et régionale, ou même les sites de petites annonces, qui trouveraient là une thématique intéressante à creuser. Toujours la même approche plurielle pour valoriser la médiation et l’interaction générée : atteindre la taille critique du réseau où tout le monde se trouve, et y afficher des écrans publicitaires; ou bien vendre ce service premium en pack commercial pour les acteurs locaux. Exemple (que n’a pas pensé en l’état l’Américain) : les riverains autour de moi (si je suis un magasin de bricolage établi), à qui je pourrais proposer à mes clients de s’aider entre eux avec les matériels qu’ils achètent ?

Cela dit, je serai incomplet si je ne parlais pas du site Aujourdhuidansmarue.com, que j’ai découvert via Twitter il y a quelques jours (coup du hasard). Ce site vise précisément cela : créer du lien social et informatif entre commerçants et riverains d’un même quartier, et même d’une même rue. Pas de chance : en me livrant à l’exercice, je suis assez limité dans le jeu, la rue de mon domicile personnel (près du Mans) ne disposant d’aucun commerce, artisan, service… Mais ça m’a quand même forcé à bien me poser la question, au cas où j’aurai loupé quelque chose par la force de l’habitude. Même à défaut, il y a donc du bon.

Ce ne sont là que des expériences et premières pistes. Sans compter les usages pratiques, comme une sorte de CMS et/ou CRM hyperlocal, afin de permettre par exemple à des employés territoriaux, des correspondants de presse, des vendeurs à domicile, des commerciaux de zones… de lier les riverains de quartiers et communes qu’ils couvrent. Dans le temps, on parlait de zone de chalandise (commerce), ou de diffusion (presse)… peut-être parlera t-on un jour de zone de réseautage.

A réfléchir rapidement cela dit, avant que les fondateurs de Nextdoor, FixMyStreet ou autres… ne viennent directement s’installer dans nos quartiers de France et Navarre !

La « menace » de se poser comme un acteur majeur du web hyperlocal est à ce point réelle et prise au sérieux que Forbes se pose la question. Le magazine note que de jolies fées se sont penchées sur le berceau de Nextdoor : parmi ses investisseurs, on compte Greylock Partners, Benchmark et surtout Google Ventures. Pour ce dernier -tiens quel hasard- on note que les fonctions d’hyperlocal serviciel pourraient parfaitement se combiner à des outils comme Google Maps, ou même les pages de présentation de Google+. Quant à imaginer que par les GoogleGlass, vous puissiez dire un jour « Hé Paul, ici votre boulanger. Voici la photo du gâteau de mariage que vous m’avez commandé. Vous en pensez quoi ?« …

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