MIDEM 2009 : l’avant et l’après web, dans la presse musicale
J’ai eu la chance (je dis bien « chance ») de couvrir une édition du Midem dans les années 90 à Cannes, au tout début de ma carrière. What a claque my lord! Impression de grosse moulinette à sons, rencontres, pays, tendances, business, etc. Le tout animé tant en journée que le soir, dans les halls des hôtels et les soirées. A cette époque, par passion, je jouais en effet au critique musical : disques, concerts, rencontres, évènements… Je bouffais de tout, depuis ma Côte d’Azur natale, où j’ai pu aligner en interviews et rencontres Vanessa Paradis, I Am, Steel Pulse, etc, etc. A cette douce époque, les choses se passaient ainsi pour organiser son travail :
- j’avais tous mes contacts d’attachées de presse en maisons de disque, sur une fiche cartonnée griffonée; je les appellais toutes les semaines, et réciproquement;
- je recevais des disques (en dur) par la Poste, en enveloppes à bulles;
- je dealais mes places de concert avec un tourneur local, qui m’a bien aidé (merci à lui, Michel Sajn, si tu nous lis);
- j’écrivais des articles print pour divers magazines, sur une machine électronique Canon (puis sur un Mac Classic);
- j’envoyais mes articles via un fax (racheté d’occasion à un copain de la fac);
Une question me taraude. Comment cela se passerait-il aujourd’hui, après la révolution du web puis maintenant celle du 2.0? Je veux dire, maintenant que nos vies de rédacteur se passe presque exclusivement devant un écran (d’ordinateur), sur des appareils numériques portables, et sur des réseaus sociaux en ligne… La logistique du journaliste musical a t-elle changé et sur quels aspects? Je pense que pour travailler aujourd’hui :
- j’aurai tous mes contacts RP sur Facebook ou par mail (mais ça deviendrait presque accessoire, ce dernier cas…)
- j’écouterai des sorties musicales sur les sites de streaming (légaux bien sûr); ma collection de CD rangée dans un carton, au fond du garage, derrière la vieille armoire à outils;
- je regarderai les concerts sur des sites de streaming vidéo;
- j’écrirai sur un blog perso, ou au mieux sur un site communautaire, et aurai du mal à me faire payer par un éditeur (c’est quoi ce métier?).
J’exagère volontairement dans la peinture de la période actuelle, car il est dieu merci encore possible de vivre de ce journalisme là. Et d’en porter haut les couleurs et l’intégrité. Mais je propose aussi un petit jeu sur le blog du WebLab : le jeu du « avant après ». Qui tient en deux questions : 1/ qu’est-ce qui a changé fondamentalement entre les deux époques? 2/ qu’y a t-on gagné pour la qualité du travail, et la sérénité du secteur? Je lance aussi cette bouteille en débat sur le groupe du WebLab, sur Facebook; et vais passer le lien de cette note à plusieurs journalistes musicaux. Je n’évolue plus en effet à ce jour dans la presse musicale, aussi j’aimerai beaucoup avoir leur retour sur la question. Je ne pense pas ce débat inutile, même si par le bon vieux effet « nez dans le guidon », on n’en prend pas conscience.
1) Personnellement, je pense que ce qui a fondamentalement changé par rapport aux années 90 est qu’aujourd’hui et depuis environ 5 ans le MIDEM est le salon du désespoir.
Désespoir pour cette industrie qui depuis X années voit le volume global de son marché se resserrer et qui d’une édition sur l’autre invalide les modèles révélés comme prometteurs un an plus tôt. Clairement, au MIDEM on croise plein de gens hype et débordant d’entrain, on peut être ébloui par les paillettes déployées pour les NRJ Music Awards (= la cérémonie d’ouverture), mais on rencontre aussi beaucoup de gens qui se posent des questions sur leur avenir, sans vraiment trouver de réponse.
Je vous invite à lire, sur MusicSpot.fr, les carnets de Philippe Astor sur l’édition qui vient de se terminer, et notamment sa brillante analyse concernant Deezer, son présent et son futur.
Il y a néanmoins quelque chose qui ne change pas au MIDEM : on découvre toujours de nouveaux artistes. J’avais découvert par exemple dans les salons d’un palace cannois une parfaite inconnue fraîchement signée sur EMI en angleterre : Amy Winehouse. J’ai raconté cette mémorable soirée dans une note sur zdar.net (http://www.zdar.net/music/concerts/video-amy-winehouse-souvenirs-du-midem-20071016.html).
2) Pour la qualité du travail, il est bien plus facile à mon sens d’opérer la couverture de l’évènement et rapporter les faits, les annonces et les découvertes musicales avec les outils actuels. C’est ce que tu appelles « le 2.0″ a changé dans ce métier, et c’est surtout général (cela s’applique à tous les secteurs, pas que la musique) et inneluctable (on ne reviendra pas au fax & co, ceux qui y restent sont définitivement distancés). Malgré tout, au delà du rapport des faits, je pense que la tâche de l’analyste pour le coup n’a pas changé : le but consiste aujourd’hui comme hier à discuter avec un maximum de gens présent, gros acteurs compris, pour se forger une opinion objective de l’état des lieux du marché de la musique.
janvier 28th, 2009 at 02:59Bonjour à tous
Ce petit post pour vous présenter une nouvelle artiste chanteuse pop fr zarafly chanteuse pop française . J’adore la sincérité de cette artiste, les vrais textes commençant réellement à faire défaut dans le monde des musiques actuelles.
février 21st, 2010 at 15:30