Roland Garros, l’informatique, le numérique et le 2.0
Beaucoup se questionnent sur l’ambiance du tournoi de tennis de Roland Garros, in situ. A la télévision, on en voit que les cours et les matchs, assez peu la vie dans ses allées, arcanes, services, bureaux, etc. LeWebLab.com vous propose quelques liens pour en approcher la vérité; qu’il faut si possible allez voir soi même. J’ai eu la chance de pouvoir le faire pour ZDNet.fr, il y a trois ans…
Le tournoi de tennis français a tôt misé sur les nouvelles technologies :
- les écrans virtuels : où l’on voyait dès 2007 que le chic y croise l’utile, que le gadget complète le nécessaire. Dernier écran en date ajouté depuis? Il n’est pas propre à Roland Garros, mais je trouve qu’il a révolutionné la traduction numétique du tennis : le jeu sur la Wii, tout simplement!
- le match des données : on imagine pas l’organisation qu’il faut pour collecter, faire circuler, exploiter les données des matchs, au fil de l’eau et de cette quinzaine.
- l’informatique web : elle est riche, variée, dense et très organisée. Rien à voir avec le côté « club select » de la rencontre…
- la mainmise IBM : le vécu technologique de Roland Garros, c’est avant tout… un Américain qui le définit! Et si l’on attendait un grand de l’informatique grand public (Microsoft, Apple…) c’est un confrère de l’informatique « pro » qui se charge du dossier. Et d’un peu plus que cela…
- le DSI du tournoi : hé oui, Roland Garros dispose d’un directeur du système d’information!
- les joueurs très connectés ? l’informatique a peu sa place dans les mains d’un joueur, sur le cour s’entend… Mais ailleurs, les comportements changent au fur et à mesure du rajeunissement des profils. Et des contrats marketing signé! Qui peuvent imposer tel appareil dans telle main, comme avec un joueur de foot.
- et les blogs alors ? dès 2007, je trouvais ce manque patent, dans le dispositif online de RG… Le problème est que, trois ans plus tard, le dossier ne semble pas avoir avancé beaucoup. Dommage de louper un dispositif éditorial plus réactif et communautaire, en impliquant la communauté des amoureux de la raquette et de la terre rouge. Pourquoi pas une plateforme des blogs des fans, ouverte longtemps avant le tournoi et le faisant vivre le restant de l’année?
Et en 2010 ?
Si le tournoi a été pas mal tweeté sur Twitter, sous le hashtag « #RG2010« , son site web n’a toujours pas pris un virage résolu dans le 2.0 et surtout dans le social media. Il y a bien la rubrique multimédia (et du widget), les liens vers Facebook et Twitter. Il y a même une sorte de vidéo-blog, avec « L’Oeil du croco » : mais c’est une opération marketing menée avec un partenaire (Lacoste), et co-animée avec la blogueuse Zazon. Et ce jour (dimanche), il est peu accessible dans son contenu… comme saturé.

Road to RG : simple, original et de sens. Mais fait par un partenaire...
En revanche, au niveau des écrans 2.0 qu’on attendrait, il y a peu de surprises : pas de compte Flickr collectant les meilleurs photos des visiteurs (pourrait faire l’objet d’un concours attractif); pas de page YouTube ou DailyMotion, pour des séquences off sympas et rythmées… Sauf : sur Daily Motion celle du projet Road To Roland Garros, qui a aussi son propre site, pour des mini interviews en voiture, mais sponsorisées par Peugeot. Tous les moyens audio-vidéo sur place ne pourraient-il pas créer et animer leur propre web-tv off?
Solution ?
Même constat que pour le Festival de Cannes hier. Même si le tournoi semble plus avancé sur le web, sans doute RG aurait-il besoin à l’avenir d’un peu moins de partenaires officiels, historiques, etc. mais de jeunes zouaves du web 2.0, du social media et du web content. A qui l’on confierait cette simple et passionnante mission : « secouez nous au niveau du web !« .
Il y a quelques années, une autre modernisation marketing du tennis avait été un four total, autour du concept de « street tennis ». Cette fois, il s’agit de vraiment moderniser le ton de la perception de ce sport. Ses fans et pratiquants sont de plus plus de la génération web et 2.0. Autant leur fournir (et directement par l’organisateur) ce qu’ils sont en droit d’attendre.