Investiture d’Obama : le dispositif web, 2 heures après…
Seconde couche, je continue l’effort (quasi sur-humain j’avoue) d’écrire ailleurs que sur l’espace de « comments » sur la fenêtre CNN/Facebook, qui décroche désormais, c’est sûr, le Pulitzer de l’interface média de l’année. Je suis allé, déjà, dehors chercher mes enfants à l’école vers 16h50 : étrange impression du monde qui continue au dehors, complètement déconnecté (c’est là que les appareils mobiles semblent comme nécessaires!). Puis là, j’ai repris le fil, sans même penser à allumer ma télévision classique en rentrant à mon domicile : je note que Pierre Haski, de Rue89, a tôt dit dans le flux aussi ne pas être sur la tv classique…
Parvenus à ce moment de l’évènement, on pourrait d’ores et déjà convenir de quelques faits clés dans ce qui se passe là sous nos yeux, pour l’investiture d’Obama à la présidence des Etats-Unis mais aussi et surtout pour le journalisme :
- comme le disait Philippe Gammaire dans les commentaires de FB, c’est un dispositif dont on va reparler en 2009 : nulle autre meilleure manière de débuter l’année!
- la participation, au bout d’un moment, semble rude, en tout cas je la sens ainsi : les faits passent à l’écran, on les oublierait presque pour surtout penser à témoigner; et ce flux de pensées, de paroles semble filer entre les mains…
- cette participation relève, à un moment, d’un journalisme athlétique, au sens où l’on cherche à tout voir, commenter, lire, relever… Mission impossible : nos cerveaux sont insuffisants… encore.
- journalistiquement, c’est une claque aussi : car a t-on encore besoin de journalistes, quand une sorte de conscience mondiale peut ainsi vivre, penser, commenter, vibrer en direct un tel évènement? A méditer dans les états majors des grands groupes… et ailleurs, notamment du côté des institutionnels et officiels en Europe.
- en aval, que restera t-il de tous ces twits, de tous ces comments live et désordonnés? Un collector va t-il être fait et produit? En livre, en un site web témoignage spécial? Il faudrait en tout cas… Ou même une sorte de plaque ou de monument en granit noir, avec tous les mots gravés… Non, là je m’égare.
- l’impossibilité de gérer, en parallèle, cette application ahurissante, une messagerie instantanée classique, les mails, le téléphone, etc. Cela pose la question de créer un jour, enfin, un vrai « cockpit de communicant 2.0″, intégrant intuitivement tout ceci. Le WebLab travaillera à n’en pas douter sur ce sujet.